EXPROPRIATION POUR RESERVE FONCIERE

Dossier de DUP simplifiée – article R 112-5 du Code de l’Expropriation

« Lorsque la déclaration d’utilité publique est demandée en vue de l’acquisition d’immeubles, ou lorsqu’elle est demandée en vue de la réalisation d’une opération d’aménagement ou d’urbanisme importante et qu’il est nécessaire de procéder à l’acquisition des immeubles avant que le projet n’ait pu être établi, l’expropriant adresse au préfet du département où sont situés les immeubles, pour qu’il soit soumis à l’enquête, un dossier comprenant au moins :

1° Une notice explicative ;

2° Le plan de situation ;

3° Le périmètre délimitant les immeubles à exproprier ;

4° L’estimation sommaire du coût des acquisitions à réaliser. »

 

Les Collectivités peuvent acquérir des immeubles, par voie amiable ou par voie d’expropriation, pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation d’une action ou d’une opération d’aménagement répondant aux objectifs définis à l’article L. 300-1.

En application de l’article L. 221-1 du code de l’urbanisme, l’Etat, les collectivités locales, ou leurs groupements y ayant vocation, les syndicats mixtes et les établissements publics de coopération intercommunal peuvent acquérir des immeubles, au besoin par voie d’expropriation, pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation d’une action ou d’une opération d’aménagement répondant aux objectifs définis à l’article L. 300-1.

Le Conseil d’Etat vient de préciser les conditions d’application de ces dispositions (Conseil d’Etat, 21 mai 2014 : n° 354804)

Il a décidé qu’il résulte de ces dispositions que les personnes publiques concernées peuvent légalement acquérir des immeubles par voie d’expropriation pour constituer des réserves foncières si :

 

  • Elles justifient, à la date à laquelle la procédure de déclaration d’utilité publique est engagée,

de la réalité d’un projet d’action ou d’opérations d’aménagement répondant aux objectifs

mentionnés à l’article L. 300-1 du code de l’urbanisme, alors même que les caractéristiques

précises de ce projet n’auraient pas été définies à cette date,

 

  • Le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique fait apparaître la nature du projet envisagé, conformément aux dispositions du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique.

 

Dans le cas d’espèce, soumis aux juges, la procédure d’expropriation concernait un ensemble de terrains en friche non équipés et non viabilisés, d’une superficie inférieure à 4 hectares, situés dans une zone destinée principalement, selon le règlement du plan local d’urbanisme de la commune, à l’implantation d’activité.

La Communauté d’Agglomération avait créé dans cette zone un parc d’activités, sur la forme d’une zone d’aménagement concertée, avant de procéder en 2006 à l’extension de ce parc d’activités en créant une deuxième zone d’aménagement concertée.

La notice explicative jointe au dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique et d’enquête parcellaire indiquait que la Communauté d’Agglomération avait pour projet, en application des dispositions de l’article L. 300-1 du code de l’urbanisme, de réserver les terrains en cause pour garantir la réalisation d’un aménagement conforme à la vocation de la zone définie par le plan local d’urbanisme, correspondant à l’extension du parc d’activités.

C’est ainsi, au regard de ces éléments, que le Conseil d’Etat a estimé que la communauté d’agglomération justifiait poursuivre une action ou une opération d’aménagement au sens de l’article L. 300-1 du code de l’urbanisme.